Visite guidée du village de Bournazel
1 - Place du foirail
À 502 mètres d’altitude, Bournazel occupe une position stratégique, au carrefour du Ségala, du Rougier de Marcillac et du Bassin houiller. Sa forme ovale, son implantation sur un promontoire abrité des vents par les puechs environnants, son riche sous-sol hydrique… Tout indique une occupation humaine ancienne, bien antérieure à l’époque romaine. Les plus anciennes traces écrites remontent à l’an 819, dans un acte de donation de deux églises à l’abbaye de Conques. Une villa gallo-romaine et un atelier de tuilerie du Ier siècle ont aussi été retrouvés à proximité du hameau du Bourgnounet, confirmant l’importance du site dans l’Antiquité.
2 - Place de l’église
La date de construction de l’église originelle n’est pas connue, mais les archives mentionnent qu’elle fut rebâtie en 1418, le seigneur du château se réservant un accès privé via une passerelle dont on peut encore observer les vestiges sur le mur côté château. L’édifice actuel est le résultat des restaurations menées entre 1747 et 1749. Elle est dédiée à Saint-Sébastien et à Saint-Roch, son clocher est consacré à Sainte-Foy, la Sainte patronne de Conques. Sa qualité de construction et son rôle durant les événements de la Révolution Française lui ont valu son inscription aux Monuments Historiques en 2023. Jusqu’en 1874, la place était en partie occupée par le cimetière, il reste de cette époque une croix et une statue de la Vierge. Le four banal, qui fonctionna jusqu’en 1952 se trouvait sur cette place.
3 - Rue noire
Jusqu’au XIXe siècle, elle se prolongeait sur la place de l’église, elle tire son nom de son étroitesse et de son aspect sombre. Elle abrite une belle maison Renaissance qui fut habitée par les maçons du château puis par les gens d’armes du seigneur. Le fronton de sa porte d’entrée par sa forme triangulaire et caractéristique de l’époque renaissance, il côtoie un étal de marchand typique du XVIe siècle.
4 - Porte basse
Au cours du Moyen-Âge, Bournazel est fortifié, les contours de l’enceinte du village sont tels qu’ils étaient à l’époque. Ces remparts étaient percés de portes, parmi lesquelles cet accès qui s’appelle la Porte Basse. Au cours des siècles les villageois ont réutilisé divers éléments architechturaux, tel que le linteau en “accolade” de la fenêtre de la grange située au carrefour.
5 - Latrines
À l’autre extrémité de la rue noire, sur le pignon de la maison Renaissance, on distingue encore les latrines, qui déversaient directement dans la rue. Ce manque d’hygiène peut en partie, expliquer l’épidémie dont fut victime la population de Bournazel au cours de la deuxième partie du XVIIIe siècle, un épisode sur lequel nous reviendrons au point 10.
6 - Chemin du Cantou
Cette ruelle longe les vestiges des remparts du Moyen-Âge, partout ailleurs dans le village, ils ont été investis par les habitants pour y adosser habitations et autres bâtit.
7 - Auberge de la révolte
En janvier 1790 comme dans tout le royaume, à Bournazel la colère gronde. À cette époque deux tiers des terres appartiennent à seulement 25 familles, tandis que plus de 100 autres doivent se partager le reste. L’agitation est partie de l’auberge Lombergot (chemin du cantou) et de l’auberge Malrieu (place de la Croix). Les villageois s’emparent de l’église et sortent les bancs seigneuriaux (symboles de privilèges) et les brûlent sur la place, ils alertent la population au son du tocsin, et ce sont plus de deux milles paysans des environs, armés de fusils, haches et fourches qui assiègent le château. Un habitant Antoine Garric, est tué, le marquis s’enfuit, le château est pillé et son aile Est est incendié.
8 - Rue du portail haut
Cette rue avait une vocation commerciale. Une des dernières habitations construites à l’intérieur des remparts est située au-dessus de ce qui fut l’atelier de forge qui fait apparaître une belle porte à arc roman de la fin du XVIIe siècle. Le Portail Haut, au bout de la rue, est un des derniers éléments des fortifications encore visible aujourd’hui. À la fin du XVe siècle on verra à Bournazel se multiplier les constructions accolées aux remparts. La population, de plus en plus nombreuse, optimisait ainsi l’espace habitable au cœur du village fortifié.
9 - Faubourg du Fraysse
Le Fraysse doit son nom à l’occitan “fraisse”, signifiant frêne – arbre sacré chez les Gaulois. Ce quartier se trouve à la croisée de trois anciens chemins : vers Auzits, vers Cransac et vers Montbazens. Ce carrefour stratégique laisse penser à une occupation très ancienne, sans doute antérieure à l’époque gallo-romaine. Au carrefour se dresse l’ancienne école privée des filles de Bournazel fondée en 1856. Le confort y était sommaire : ce n’est qu’en 1892 que la municipalité acheta un poêle pour chauffer les classes. Elle ferma ses portes en 1962, après plus d’un siècle d’enseignement. Ce quartier s’inscrit dans une période d’essor démographique au XIXe siècle : en 1800, Bournazel comptait plus de 1 100 habitants.
10 - Chapelle Notre-Dame du Fraysse
La chapelle Notre-Dame du Fraysse porte la date de 1858, correspondant à une importante restauration, mais son origine est bien plus ancienne. C’est ici qu’en 1772-1773, les habitants, frappés par une terrible épidémie de fièvre qui emporta 63 personnes, vinrent prier la Vierge. Désespérés, ils firent un vœu : jeûner au pain et à l’huile, interdire l’entrée des cabarets le 8 septembre… et, dit-on, la fièvre disparut miraculeusement. Depuis, le 8 septembre est jour de pèlerinage à la chapelle, une tradition toujours vivante. À l’intérieur, vous pourrez admirer une statue sculptée dans le bois de la vierge sans voile, tenant une colombe dans sa main gauche, cette représentation rare est dite “Vierge à la colombe”. Elle est invoquée pour prévenir les épidémies… mais aussi pour obtenir une délivrance heureuse lors des accouchements.
11 - Tour nord
La tour que vous voyez fait partie de l’ancienne enceinte fortifiée de Bournazel, construite entre le XVe et le XVIe siècle pour protéger les habitants. On peut y remarquer les deux ouvertures pour armes à vocation défensive.
12 - Place de la croix
Vous arrivez sur la place dont la Croix a été érigée en 1756. C’est le point central du village où convergent les trois axes principaux de circulation, chacun menant à une des anciennes portes fortifiées. En bordure de la place se situe une maison remarquable avec ses fenêtres à meneaux d’époque renaissance et sa porte cintrée plus ancienne. Plus bas dans la rue, une autre fenêtre présente en détail remarquable, un visage sculpté dans son angle inférieur.
13 - Porte est
Au croisement de la rue du Broual et de la rue du sabotier, se trouvait la porte Est, l’une des entrées de la ville fortifiée au Moyen Âge. Elle fut détruite à la fin du XVIIe siècle probablement lors d’un incendie. Au-delà de cette ancienne porte, s’étendent deux quartiers historiques : à gauche, le faubourg du Broual – mot occitan signifiant “berge” – et à droite, celui du Pont, qui descend jusqu’au Foirail. Ces noms font référence à la présence très abondante de l’eau à Bournazel (dont la racine “born” signifie “ligne d’eau”), et notamment au ruisseau, aujourd’hui canalisé, qui traverse toujours le Foirail. Le développement de ces faubourgs date des XVIIe et XVIIIe siècles, l’espace à l’intérieur des remparts devenant exigu. Le seigneur des lieux ayant interdit toute construction devant le château, de nouvelles habitations s’implantent alors le long de l’ancienne route de Goutrens.
14 - Place du foirail
Le faubourg du pont, aujourd’hui place du Foirail, se situe sur l’ancienne voie gallo-romaine reliant Figeac à Rodez. Làs-bas, les pèlerins allaient vénérer les reliques de saint Amans, ancien évêque de la ville. C’est à cette époque que fut construite la fontaine qui se trouve sur la place, les voyageurs pouvaient alors se désaltérer hors des fortifications. Plus tard, un abreuvoir y est ajouté pour le bétail notamment présent lors des foires organisées jusqu’en 1984.